« Patti Cake$ » : Un flow déjà entendu mais efficace.

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Dans un quartier délabré du New-Jersey, une jeune rappeuse veut faire ses preuves dans ce milieu tout en jonglant avec une vie précaire. Tel est le programme (déjà vu) de ce film-phénomène au dernier Festival de Cannes, montré à la Quintaine des réalisateurs.

Avec ce premier long-métrage, Geremy Jasper semble refléter son parcours sur celui de son héroïne. Tout d’abord, un manque d’assurance transparaît par l’écran par les multiples effets de styles de l’écran afin de raconter le quotidien de Patty. Par un onirisme pompier (en se réappropriant le mythe de Oz et Emerald City) et un cut dynamique proche du clip-vidéo, ces efforts stylistiques transcendent la vie de cette héroïne pour s’évader d’un naturalisme proche d’un Ken Loach (dans le registre social) dû aux conditions précaires montrés dans le film malgré qu’ils apparaissent comme très simple et sans réelles efforts de mise-en-scène. Comme si Jasper se sous-estimait trop comme son héroïne pour exploser son flow cinématographique.

Un manque de style qui laisse plus de visibilité au manque d’originalité de son scénario. Le film est en pilote-automatique sur le chemin pris par son histoire et ne surprend guère son public. Le premier passage en live désastreux ? Fait. La relation tendue entre l’héroïne et sa mère ? Fait. Un faux-espoir vicieux dû à la rencontre calamiteuse avec son idole ? Fait. Et on pourrait continuer pendant des heures à citer les clichés.

Une chose est sûre, Patti Cake$ ne brille pas pour son originalité.

Toutefois, impossible de ne pas succomber au charme bienveillant procuré par ce film qui se révélera au final sans prétention. Lorsque le flow final éclate, on est pris aux tripes quant aux émotions traversés par ces héros bras-cassés. Pourquoi ? Car malgré les traits vus et revus, on se prend d’affection pour ces apprentis artistes, prêts à tout subir pour mieux se relever de leurs cendres. Si vous allez voir ce film juste en le prenant pour ce qu’il est, un divertissement convenu mais efficace, foncez voir Patti Cake$pour avoir le sourire aux lèvres.

Victor Van De Kadsye

 

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