The Wall/Barry Seal : American Traffic : Critique de deux films de Doug Liman

Doug Liman est le réalisateur du film d’espionnage La Mémoire dans la Peau, de la comédie d’action Mr and Mrs Smith et des films de Science-Fiction Jumper et Edge of Tomorrow. Autant dire que c’est un réalisateur caméléon surtout attiré par des héros victimes de leurs choix. Il est difficile de vraiment déterminer le style de réalisation de Doug Liman mais avec sa filmographie, on arrive à cerner quelques points.
C’est d’abord un réalisateur très urbain et exotique : il va beaucoup filmer la ville mais toujours au sol, jamais dans le but de la sublimer et ceux grâce à une photographie très naturelle (La Mémoire dans la Peau, Mr and Mrs Smith). Liman est également un amoureux de l’Europe. Paris, Berlin (La Mémoire dans la Peau), Londres, Rome (Jumper) et même la campagne française dans Edge of Tomorrow. Et en 2017 Doug Liman a réalisé 2 films qui ne se ressemblent pas du tout dans la réalisation, The Wall sorti le 7 juin et Barry Seal : American Traffic sorti le 19 septembre.

The Wall traite de deux tireurs d’élite américains pris dans le viseur d’un sniper ennemi. Le seul espoir est un bout de mur d’où l’un d’eux (joué par l’excellent Aaron Taylor Johnson) va tenter de tuer cet ennemi invisible. The Wall est donc un film de survie de 1h30 où quasi chaque plan est important, Liman crée ici un suspense presque Hitchockien grâce au montage rapide et aux gros plans. C’est vraiment parce qu’on a ici un film sur une situation, période et un espace extrêmement précis, contrasté par le fait que ça a été tourné dans un désert, donc un espace immense et vide. Le deuxième sniper joué par le catcheur John Cena qui obtient ici son premier vrai rôle dramatique, est un personnage qui va se faire victimiser tout au long du film, et c’est génial d’avoir choisi un catcheur qui est une figure de dominance et de puissance au cinéma (y’a qu’à voir Dwayne Johnson). The Wall est un film qui prend au trippes tout le long et aux rebondissements efficaces.

Et à coté, Doug Liman réalise Barry Seal, l’histoire vraie d’un pilote d’avion recruté par la CIA pour prendre des photos aériennes de conflits en Amérique Centrale, et qui de fil en aiguille va se construire un véritable empire basé sur la contrebande d’arme et de drogues. C’est un film très étrange où Doug Liman va vraiment se lâcher, on peut le comparer beaucoup à Breaking Bad, Le Loup de Wall Street ou encore Pain and Gain, un véritable nid à folie où Tom Cruise va exploser littéralement dans son jeu, chose qu’on avait pas vu de sa part depuis longtemps. Doug Liman va complètement se laisser aller dans la folie afin de coller le mieux à l’histoire. Après le film souffre de gros défauts car c’est un essai de folie de Doug Liman qui ne va pas coller avec des scènes d’action et une fin trop sérieuses. C’est aussi un sentiment de déjà vu, l’exploitation d’un méchant d’un point de vue différent commence à devenir une mode trop exagérée et surtout trop épuisée.

Doug Liman est d’ailleurs un réalisateur qui commence à ne plus trouver comment varier autour de son style de scénario et de mise en scène. The Wall est un très bon petit film d’ambiance, extrêmement bien maîtrisé, là ou Barry Seal est d’un style trop libre donc pas assez identifiable.

Léo Tyran

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