[Pour/Contre] – Avengers : Infinity War (avec spoilers)

Le combat ne s’effectue pas seulement entre les héros Marvel et Thanos mais aussi entre rédacteurs. Léo Tyran et Antoine Dubuis s’affrontent par écrit pour évoquer le nouveau carton des studios Marvel, Avengers : Infinity War des frères Russo.

  • [POUR] – « On ne peut que féliciter la puissance émotionnelle et la richesse d’ Avengers Infinity War » – Léo Tyran

« J’aimerais vous parler des Avengers et du projet Initiative ». On dit que Dieu a crée l’Univers en 7 jours, il n’a fallu que d’une phrase à Samuel L. Jackson pour créer un univers cinématographique. 10 ans plus tard, cet univers que les internautes ont appelé le Marvel Cinematic Universe a fleuri et est désormais resplendissant. Et les soleils de cet univers, ce sont les Avengers. Ce projet habilement mené par Joss Whedon en 2012 et 2015 brillent de nouveau en 2018 et se trouve désormais piloté par Anthony et Joe Russo, réalisateurs des deux derniers Captain America. Le duo enchaîne avec leurs manières de réaliser dans ce film qui retournera la tête des fans comme des néophytes. Avec ce film , tout est à refaire car aux anciens viennent s’ajouter Black Panther, Spider-Man, Doctor Strange et les Gardiens de la Galaxie, mais pas que pour ça, car c’est un film dénouement que nous avons là, à la manière d’un Retour du Roi, d’un Jusqu’au bout du monde ou d’un deuxième volet des Reliques de la mort.

Infinity War est tellement complexe que l’on va le raconter de manière trop simple : Des dizaines de personnages répartis sur un univers entier contre un puissant alien. C’est pour cela que les frères Russo étaient les seuls à pouvoir orchestrer Infinity War, car si Civil War ne brillait pas par ses scènes d’actions, c’est bien vers les dialogues et vers les relations entre les personnages que les réalisateurs vont faire élever le film. Et c’est incroyable de constater que les personnages sont si fidèlement traités que dans leurs propres films, aussi bien les anciens Vengeurs que les nouveaux. Chaque personnage a sa place et chacun est celui qu’il est. Pour cela, nous devons féliciter les frères Russo d’avoir si bien compris les personnages qu’ont dirigé d’autres réalisateurs comme James Gunn ou Ryan Coogler.

Les frères Russo ont également mené d’une main de maître l’espace du film, notamment grâce au rythme et à la photographie qui arrive à offrir une palette de couleurs extrêmement varié du bleu au gris en passant par le sépia, tout un univers coloré en un film. Comme Black Panther, Infinity War offre des moments d’une certaine plénitude et d’une immense beauté. Cela pose le film et même si le film souffre de certaines lenteurs, on ne ressent aucun temps de coupe. Le film se développe extrêmement bien. Pas mal pour un blockbuster avec 50 personnages qui dure deux minutes de moins que Batman V Superman. Avengers Infinity War semble avoir été structuré comme un film de guerre où tous les personnages répartis aux quatre coins de l’univers doivent tisser des liens longs et invisibles…

… contre Thanos. Le voilà enfin, le fameux Thanos, discret et mystérieux depuis trop longtemps dans l’Univers Marvel, il se montre enfin pour être le parfait méchant imparfait. Cet invincible personnage qui te rempli la moitié de l’écran à chacune de ses apparitions, et pourtant le plus terrifiant, c’est quand il est le plus humain. C’ est un personnage ambiguë, comme son plan, qui va nous donner un certain malaise quand il nous fera pitié. Car ce méchant qui paraît aux premiers abords monstrueux, doit faire face à des dilemmes cornéliens qui l’humanise suffisamment pour en devenir attachant. Le tour de force d’ Infinity War peut se ressentir en ce personnage car comme lui, le film se révèle profondément touchant et triste.

La tristesse envahit le film car beaucoup de personnages que l’on connaissait bien ne survivent pas. Et c’est la preuve que l’Univers Cinématographique Marvel s’est installé dans nos esprits, qu’il vit dans le cœur des fans. Car grâce aux autres films, la mort de ces personnages nous attristent car on a l’impression de les connaître comme des amis.

Alors certains pourront voir Avengers Infinity War comme un condensé de tout ce qui va et de tout ce qui ne va pas chez Marvel et les films de super-héros, la logique du trop. Certains mêmes pourraient rester sur leur faim devant cette semi-conclusion et réclamer immédiatement la suite. Mais on ne peut que féliciter la puissance émotionnelle et la richesse d’ Avengers Infinity War.


  • [Contre] La vérité m’épuise, inlassablement se dévoile – Antoine Dubuis

Je vais parler en mon nom puisque c’est une vision personnelle que je voudrais transmettre, le but étant d’animer un débat, d’apporter une réflexion et de réagir sur le cinéma actuel. Je ne suis pas critique professionnel et ne m’envisage pas non plus guide ou prophète d’une manière de voir ou de penser mais simplement étudiant passionné de cinéma.

Avant tout, je pense qu’il faut remettre les choses dans leur contexte avant de parfaitement entrer dans le cœur du sujet. Iron Man de Jon Favreau, Avengers (premier du nom) de Joss Whedon et enfin Black Panther de Ryan Coogler sont selon moi les meilleurs films Marvel. L’un a fait naître le MCU, en offrant la vision enchanteresse des premiers pas, le sentiment d’entendre le début des balbutiements d’humours et de scènes d’actions. L’autre l’a fait grandir en lui offrant une véritable ampleur, des responsabilités, il était le modèle à suivre tout en essayant d’être à sa hauteur voir même le dépasser.

Et le dernier, lui, plus sage, lui a offert une conscience d’appartenir à une réalité pas seulement à un ensemble de film, il lui a donné une réflexion, un message lié à ce qu’il l’entoure, c’est à dire nous, spectateur et la société dans laquelle nous vivons.

Ce n’est pas de ces films qui aspirent à l’excellence mais plutôt de ceux qui ont démontrés (d’après moi) une forme de croissance du MCU parce qu’ils possèdent une âme, une attention qui se dégage du reste de leur univers cinématographique si monstrueusement irrégulier.

Le point commun de ces trois films c’est qu’ils transmettent un héritage qui se converge vers un but précis qu’est le dernier maillon de l’univers cinématographique Marvel. La dernière pierre à l’édifice se doit d’être parfaite et de prendre conscience et pour acquis toutes maladresses et fascinations afin d’engendrer une finalité complète et jamais vu dans le panorama cinématographique. Pourtant, ma raison est faite puisque les deux frères et réalisateurs Russo sont aux commandes du dernier maillon qui clôturera cet univers et qu’ils sont aussi à la tête du dernier en date c’est à dire : Avengers 3 : Infinity War.

Ma raison est faite, puisque, les deux frères avec cette première partie d’Infinity War démontrent qu’ils ont les épaules pour faire des blockbusters mais pas pour faire des œuvres marquantes. Rien ne se tient véritablement, on en ressort presque horrifiés de ce que l’on vient de voir. Il y a bien quelques moments de bravoure mais ils arrivent bien trop tard pour achever un film qui n’est qu’un bruit sourd. Je peux le dire, Spielberg avec Ready Player One a coiffé au poteau le MCU comme auparavant Georges Miller l’avait fait avec Mad Max : Fury Road. En effet, l’explosion et la réunion de figures mythiques de la pop-culture, ainsi qu’avant cela le déferlement mouvant, intelligible et intelligent devait être la source du fantasme que dégageait le MCU. Voir ces héros mythologiques qui se réunissent pour combattre le méchant dantesque que l’on attendait depuis les prémices, c’est ce que je voulais et c’était la promesse que je croyais voir apparaître. Rien de cela malheureusement, Infinity War n’est qu’une étape de plus, une pièce dans ce gigantesque échiquier. Je voulais croire et voir l’évolution de cet univers mais ce film prouve juste qu’une anomalie reste ancrée dans son ADN et pas n’importe laquelle : la réalisation. Rien n’est dantesque dans ce film, tout est plat ou pris trop à la légère. La réalisation des deux frères est insipide, il n’y a pas de prise de risques, de plans incroyables et de sensations qui nous laissent admiratifs devant Infinity War. Que du réchauffé mais sous couvert de « tu en veux plus et bien tu en auras encore » et ce n’est pas cela que veut le spectateur, enfin j’espère. C’est un naufrage sans nom dont les premières scènes en témoignent bien distinctement. La mort de Loki n’est qu’une vaste blague, expédié en 2 secondes. Tout comme plus tard dans le film la blessure mortelle d’Iron Man, j’ai cru pendant un instant apercevoir une once de décision qui implique le spectateur et qui l’émeut, mais non, absolument rien. Le montage est d’une vulgarité telle qu’on dirait juste que le film est superposé sans rien pour le lier correctement. L’amourette Vision et La sorcière rouge était déjà désespérément ennuyante dans Civil War (des mêmes réalisateurs) et bien rebelote. Bruce Banner/Hulk devenu des comics reliefs, le choc des égos et des stratégies réduit à des blagues et pour finir des acolytes de Thanos qui sont immondes visuellement et qui ne portent pas un seul nom puisque non présentés durant tout le film, ce sont juste des sbires. Il n’y a pas non plus de dénouement, la fin est incompréhensible. Qu’est ce que Thanos a fait ? Pas de réponse. S’il y en a une, mais uniquement si on regarde la suite : la création d’un cliffhanger aussi LOURD que ça n’est pas possible. Il y a néanmoins un point positif avec l’antagoniste Thanos, construit de façon plus que correcte, on comprend ses motivations, ses failles tout en restant vague pour accroître sa démesure. Un petit point positif dans toute cette masse informe ne relève pas un film. Une recette encore et toujours la même sans rien autour et qui pousse le vice encore plus loin cette fois-ci puisqu’elle n’est qu’une légère introduction à Thanos. Marvel/Disney ne se cache même plus de transposer directement une série au cinéma, je le redis, l’idée est géniale mais l’exécution est décevante.

C’est un gâchis immense que de se contenter de ce que propose les frères Russo et le MCU en général. L’opportunité doit être prise par un réalisateur de talent, qui a l’envergure et l’envie afin de concrétiser une pièce majeure du cinéma.

L’empire qu’est Disney/Marvel ne prend que trop rarement des risques, il s’appuie simplement sur une recette, il l’applique de façon sérielle et ne fait que se reposer sur ses lauriers. L’avenir est radieux financièrement parlant, mais du point de vue du cinéma : le néant dévore et l’ennui s’installe. Une lassitude de voir un projet vacillant et pourtant si prometteur réduit à son plus simple appareil par deux frères réalisateurs médiocres et par la société qui les financent. Zone de confort, émotions absentes et scènes de combat oubliables, voilà ce qu’il en ressort. La suite ne peut être que mieux mais si on retient le MCU pour cela dans l’histoire cinématographique, alors la vérité se dévoile et je pense qu’un deuil s’impose.


Mais Antoine et Léo ne sont pas les seuls héros à avoir des choses à dire sur ce troisième volet d’Avengers :

  • Alexandre estime que le film est un blockbuster si massif, si maîtrisé, qu’il ne peut laisser indifférent, dans sa critique pour Good Taste Police. (disponible ici)

 

  • Dans la critique écrite pour Lully FabuleLucile est d’avis que « Avengers : Infinity War » marque un tournant radical.

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