MARY de Marc Webb, Auprès de mon arbre, je vivais heureux

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Marc Webb a un parcours éclair, mais dans le mauvais sens du terme, fort de son succès avec (500) Jours ensemble, il quitte immédiatement l’univers de la petite comédie romantique indépendante qu’il a créé afin de s’aventurer à une expérience de blockbuster hollywoodien. Une aventure qui lui donnera un goût amer, car l’univers d’Amazing Spider-man s’arrête brutalement au bout du second volet. Il n’est ni un auteur avec un grand A, ni un Yes-man avide d’argent et peu soucieux de son image, il est un petit réalisateur avec de l’ambition et de l’envie, mais qu’il a été mâché par Hollywood, comme tant d’autres. Sans doute en pleine perdition et dépité, Marc Webb nous revient 3 ans plus tard avec Mary, une comédie dramatique indépendante, est-ce que son retour aux sources sera bénéfique ?

Mary de Marc Webb est un petit film qu’on peut qualifier de « téléfilm familial sympathique », il n’a pas l’envergure d’un Amazing Spiderman ni l’originalité d’un (500) jours ensemble. Si l’on devait chercher une qualité à ce film, on pourrait dire que « l’intelligence » du réalisateur réside dans le fait qu’il abandonne tout superflue de mise en scène pour exprimer quelque chose de simple, de fluide, sans fioriture. Or, la question traitée par le film est complexe : comment élever une personne surdouée et comment peut-elle s’intégrer à la société ? Et au final, le réalisateur offre une issue (non pas une réponse directe) simpliste au possible, le film et ses idées sont à l’image de sa structure, c’est-à-dire naïf voir simplet. Bien évidemment que Mary reste une « œuvre » attachante, car la jeune actrice Mckenna Grace arrive à captiver avec un rôle complexe et c’est avec un certain aplomb qu’on aime voir Chris Evans se détacher du rôle de Captain. De plus, quelques scènes sont plutôt bien trouvées (rien d’extravagant non plus) comme celle de l’hôpital. Pourtant, rien n’y fais, le film à vraiment l’air d’être qu’un téléfilm comme tant d’autres.

Marc Webb sillonne son histoire sans lui insuffler d’âme spécifiquement cinématographique. On le redira jamais aussi, mais la mise en scène est simple, tellement simple qu’on dirait qu’elle est inexistante, de plus le cadrage n’a rien de fabuleux. Néanmoins, l’histoire et la construction des personnages tiennent en haleine, mais sans jamais couper le souffle. L’empathie s’installe, mais l’émotion dégagée n’en ressort pas. Le duel entre deux êtres destructeurs est exploité, mais que de manière infime et finit limite en happy end. Le comble du film c’est que tout à de l’importance, la mort de sa mère, le passé de son Oncle (Chris Evans) ainsi que le passé de sa grand-mère (Lindsay Duncan) mais ici tout est traité avec légèreté voir parfois quelques touches d’humour qui sont semblables à (500) jours ensemble mais qui sont loin très loin de l’égaler. On sent bien qu’avec ce film Marc Webb à voulu revenir à ses racines, mais il n’apporte rien de plus pire même, il apporte du moins. C’est dire la déception qui revient en boucle lorsqu’on sort de la séance malgré le moment sympa passé.

Le film Mary est plaisant, mais on peut se demander si toute la moelle cinématographique de Marc Webb à était ponctionné avec le temps ou s’il voulait faire table rase de tout, même de la mise en scène pour recommencer une nouvelle carrière à partir de ce film. C’est un retour à l’indépendance que Marc Webb nous signe là, une indépendance qui est décevante lui qui à réaliser un premier film mémorable, on espère que ce nouveau souffle va se consolider avec le temps. Au pire, avec Mary le réalisateur nous a prouvé qu’il pouvait faire d’excellents téléfilms pour M6.

Antoine Dubuis.

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