[Critique] – « Kingsman : Le Cercle d’or » de Matthew Vaughn.

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Matthew Vaughn est un réalisateur anglais qui n’a rien à envier à Guy Ritchie ou Edgar Wright. Adaptant majoritairement des comics (Hormis ses deux premiers films, Layer Cake et Stardust), son style esthétique, son style de cadrage et ses scènes d’actions en font un des réalisateurs de blockbusters les plus talentueux du moment. Cette année, Matthew Vaughn relève un nouveau défi : réaliser une suite à Kingsman, sa première suite. Il a en effet laissé la suite de X-men Le Commencement à Bryan Singer, et la suite de Kick-Ass à Jeff Wadlow. Kingsman 2 : Le Cercle d’or, la suite de l’excellent Kingsman : Services Secrets est donc sa première suite. On comprend maintenant pourquoi il ne veut pas faire de suite. Lire la suite

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Ça : Horreur ou fantastique ?

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Le clown qui terrorise les enfants de la ville de Derry débarque enfin sur les écrans. Après un téléfilm de Tommy Lee Wallace, qui a très mal vieilli, le best-seller de Stephen King gagne enfin son adaptation au cinéma. L’année où l’auteur est le plus productif, entre La Tour Sombre et les séries The Mist et Mr Mercedes. Ça entre dans le panthéon des meilleures adaptations de Stephen King au coté de La Ligne Verte de Frank Darabont et de Christine de John Carpenter. Pourtant, quand on voit le film, on ne peut s’empêcher de se demander si le travail de Andy Muschietti est réussi. La réponse est oui, mais pas dans le domaine prévu. Lire la suite

The Wall/Barry Seal : American Traffic : Critique de deux films de Doug Liman

Doug Liman est le réalisateur du film d’espionnage La Mémoire dans la Peau, de la comédie d’action Mr and Mrs Smith et des films de Science-Fiction Jumper et Edge of Tomorrow. Autant dire que c’est un réalisateur caméléon surtout attiré par des héros victimes de leurs choix. Il est difficile de vraiment déterminer le style de réalisation de Doug Liman mais avec sa filmographie, on arrive à cerner quelques points. Lire la suite

« Death Note » : Le manga au cinéma américain.

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Il y a deux choses que Hollywood galère à adapter : Les jeux vidéos et les mangas. La hausse de popularité naissante de la bande-dessinée japonaise dans les années 2000 n’a pas échappé aux studios de production. Naruto, Bleach, One Piece, les projets sont nombreux. Mais ils ne sont qu’au stade de projets. Très peu réussissent à se mettre en chantier, et les très rares sont des essais sans prétention (Ghost in the Shell) et d’autres de véritables hontes (Dragon Ball Evolution). Car adapter un manga n’est pas comme adapter un comics, et Death Note n’est qu’une veine tentative de lancer la mode du manga à Hollywood. Lire la suite

[RETROSPECTIVE] Pirates des Caraïbes : Jusqu’au bout du monde.

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Les Pirates sont persecutés, Lord Cutler Beckett contrôle Davy Jones et le Hollandais Volant et Jack est prisonnier de son antre, dans un autre monde. Will, Elizabeth, l’équipage et Tia Dalma, rejoint par un Barbossa ressuscité miraculeusement cherchent à le ramener. Il vont pour cela se rendre à Singapour dérober les cartes à Sao Feng, un seigneur des Pirates. Après moulte péripéties, ils parviennent finalement dans l’antre et à libérer Jack. Ils sont alors rejoint par Sao Feng, les ayant trahit avec Will dans le but d’acquérir le Black Pearl, Will pour libérer son père, Sao Feng pour son propre intérêt. Ils seront néanmoins tout les deux abusés par Beckett, Will finira emprisonné et Sao Feng gagnera Elizabeth en se re-ralliant à Barbossa. Sao Feng croit néanmoins que Elizabeth est Calypso, une antique déesse et ancienne amante de Davy Jones. Il meurt attaqué par ce dernier, léguant à Elizabeth son navire et son équipage. Pendant ce temps, Will se libère et rejoint, avec l’aide de Jack, les rangs de Beckett. Le Black Pearl navigue vers la baie des naufragés où Barbossa a convoqué les seigneurs des Pirates. Le but de Barbossa est de libérer Calypso, afin qu’elle déchaîne sa fureur sur Beckett. Les Pirates n’étant pas d’accord, un vote pour élir le Roi des pirates est demandé. Elizabeth est élue grâce au vote de Jack, et décide de partir au combat. Avant le combat, Will est échangé contre Jack et Borbossa libère Calypso qui crée un Maelstrom séparant le Black Pearl et le Hollandais Volant pour le combat final. À la fin de ce combat, durant lequel Will et Elisabeth se marient, Jones meurt ainsi que Beckett, Will devient le nouveau capitaine du Hollandais Volant, et Barbossa abandonne à nouveau Jack pour s’emparer du Black Pearl.

Ce troisième volet est une conclusion, tout ce qui s’est ancré dans Le Secret du coffre maudit, va se terminer ici. Ce film est donc très proche du précédent, et vous allez voir que cela est une énorme source de défauts. Le premier défaut est dans l’histoire, soit les scénaristes ont écrit le deuxième volet en négligant le troisième. Soit ils ont mal calculé l’équilibre scénaristique qu’ils devaient établir pour la construction de leur projet. Et c’est une chance que les deux volets n’aient qu’un an d’écart. Imaginer devoir reprendre le déroulement d’une histoire que vous avez débuté il y a quatre ans. Alors on pourrait dire : « ils ont tout développé dans le deuxième et tout va péter dans le troisième ».

Et c’est faux, le troisième a une histoire. Et c’est bien le problème ! Parmi les point les plus énervants de l’histoire, celle de Davy Jones, dans le deuxième volet on apprend qu’il faut posséder le cœur de Davy Jones pour le contrôler. Dans le troisième volet, on apprend que si on embrôche le cœur de Davy Jones, le tien doit prendre sa place car « le Hollandais doit avoir un capitaine ». Sauf que l’on nous dit dans le deuxième volet que Jones s’est arraché le cœur par amour, pas par besoin en rapport avec son navire, et cela était bien trouvé car ça donnait une profondeur dramatique au personnage. En fait tout cela n’a était écrit que pour le dénouement final.

Et c’est tout le problème de ce film. On s’en fiche de l’histoire, elle n’apporte rien d’autre que le spectacle. On s’en fiche que Tia Dalma soit Calypso et l’amante de Davy Jones, c’est juste un élément qui va apporter un énorme Maëlstrom pour la bataille finale. On s’en fiche que Elisabeth devienne roi des Pirates, ce n’est plus jamais évoqué, c’est juste pour que quelqu’un déclare la guerre. Tout ce qui a été écrit dans ce film ne sert que pour apporter à sa fin. Tout cela pour qu’il jouisse d’un début, un milieu et une fin.

Bon, n’enterrons pas le film tout de suite, Verbinski est toujours là. Plus on va dans la trilogie, plus elle est spectaculaire, je ne reviendrais pas sur le mélange des genres et des ambiances, car en fait, à part dans la scène finale, le film ne possède pas de réels moments d’action. Verbinski va néanmoins toujours jouer avec l’absurde, la scène ou le Black Pearl se retourne, les pièces de 8. Néanmoins, il faut par moment arrêter de rigoler, la Compagnie des Indes est cette fois porteuse de grands moments de drame et de peur. Tout cela grâce à Cutler Beckett, incarné par un grand Tom Hollander, qui est le vrai méchant de l’Histoire. Certains peuvent se plaindre que son temps à l’écran soit réduit, mais à la manière de l’Empereur dans Le Retour du Jedi, il impose tellement dans son style, son jeu et son dialogue, que son temps est très juste choisi. L’avoir trop mis l’aurait ridiculisé ou banalisé. Les petits piques dramatiques comme la mort du père d’Elisabeth ou de Norrington ou encore la confrontation entre Tia Dalma et Jones, sont très émouvants, dommage qu’ils n’aient pas été plus développés.

Il est dommage aussi que les studios Disney et Jerry Bruckheimer n’est pas voulu arrêter après cette spectaculaire conclusion. Surtout que la majorité des personnages se sont arrêtés, notamment les principaux. Néanmoins, allons y, un quatrième volet, une nouvelle histoire, de nouveaux personnages une nouvelle trilogie ! C’est ce qu’un spectateur naïf a du penser avant d’entrer dans la salle de cinéma le 18 mai 2011.

Léo Tyran

La violence est-elle devenue un genre ? La critique d’Atomic Blonde.

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Peut-on faire un film entier autour d’un coup de poing, d’un scène de baston en plan séquence ou même d’une relation sexuelle ? Plus simplement, un film peut-il être juste un film violent, sans être un thriller, un film d’espionnage ou d’aventures ? Cela semble possible. On remarque depuis plusieurs années un nombre conséquent de films et séries qui se vendent avec succès grâce à la violence de leurs scènes et même de leurs propos. On pourrait donner l’origine de cette nouvelle mode à 300 de Zack Snyder sorti en 2007. Et ses dernières années ont vu émerger de nouveaux films, par exemple John Wick et aujourd’hui, Atomic Blonde du même réalisateur, David Leitch. Des films qui « marchent », se font vendre grâce à leurs scènes violentes. Lire la suite

Le Problème Pixar : La critique de Cars 3

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Voilà maintenant 7 ans que Pixar chute doucement. Le très mauvais Cars 2 était le premier échec critique d’un studio accumulant (osons le dire) les chef d’oeuvres, de Toy Story à Toy Story 3 en passant par Les Indestructibles, Wall-E ou encore Ratatouille. Depuis 2011, les studios de John Lasseter ne sont plus en grande forme, et ne proposent plus rien de très gratifiant, exception faite au magnifique Vice Versa. Comment justifier cette pente descendante, maintenant que Cars 3 est sorti ? Lire la suite

[Critique] « La Tour Sombre » – Nikolaj Ancel

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« La Tour Sombre est le Jupiter du système solaire de mon univers » c’est ainsi que Stephen King définit son œuvre littéraire majeure. Mais Jupiter est une immense planète, comment en faire le tour. Cette question, les producteurs se l’ont posés depuis 2007, depuis que les droits de La Tour Sombre ont été racheté. 10 ans d’attente… pour ça. Lire la suite

[RETROSPECTIVE] Pirates des Caraïbes : Le Secret du Coffre maudit.

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Pour avoir libéré le Capitaine Jack Sparrow de la Potence, Will et Elizabeth se retrouvent condamnés à mort par la puissante Compagnie des Indes et son leader, Lord Cutler Beckett. Ce dernier marchande à Will sa libération ainsi que celle de sa fiancée, en échange du compas de Jack, ce petit objet ayant le pouvoir d’indiquer ce que son détenteur désire le plus au monde. Mais ce dernier à également quelques soucis. 13 ans auparavant, il promit son âme à Davy Jones afin de récupérer le Black Pearl. Il doit désormais payer sa dette de 10 ans à son service, il subira en cas de désistement la colère du Kraken, le puissant animal de compagnie de Jones. Il va donc, avec l’aide de Will, se mettre en quête du coffre contenant le cœur de Davy Jones, après avoir appris son histoire auprès de la mystèrieuse Tia Dalma. Jack va envoyer Will récupérer la clé de Davy Jones mais ce dernier va tomber dans un piège et se retrouver au service du Hollandais Volant. Jack a envoyé Will pour régler sa dette à Jones mais lui n’est pas satisfait, il va en réclamer plus, et Jack va partir recruter. Il va ainsi retrouver Elizabeth et l’ex-Commendor Norrington, devenu alcoolique et boueux. Tout trois vont se lancer en quête du coffre. À bord du Hollandais Volant, Will va retrouver son père et, avec son aide, s’emparer de la clé et retrouver Jack sur l’île des quatre vents. Jack, Will et Norrington vont alors se battre en duel pour le coffre, chacun en ayant besoin pour leurs problèmes personnels : survie pour Jack, famille pour Will et honneur pour Norrington. C’est finalement Norrington qui s’empare du cœur pour le remettre à Cutler Beckett. Et alors que le Black Pearl et au prise des tentacules du Kraken, Elizabeth choisi de sacrifier Jack avant de s’enfuir avec Will et l’équipage. Le Black Pearl sombre avec son capitaine. Elizabeth et Will se rendent chez Tia Dalma qui va leur apprendre qu’il existe un moyen de ramener Jack dans notre monde, et leur présenter leur capitaine pour cette quête : Barbossa.

À la manière d’un Empire contre-attaque ou d’un Temple Maudit, scénaristes, producteur et réaliateur ont choisi de suivre une continuité à travers ses trois films : le premier présente les personnages et le contexte, le deuxième marque un tournant pour se terminer par le troisième qui conclut tout. Ce deuxième est donc plus sombre, néanmoins, il n’en est pas pour autant plus jouissif et drôle. Et encore une fois, Gore Verbinski en est la seule et unique raison. Ce dernier continue de doser les genres, un cran au dessus que le précedent. Verbinski joue encore sur le mix entre plusieurs scènes, Jack bayonné prêt à être brulé/Will emprisonné dans une cage en os suspendu au dessus du vide. Tout comme le premier volet, on a le droit à cette alternance des genres. La Compagnie des Indes apporte le background politique, Davy Jones le fantastique, le mythologique et un début de dramatique. Ces deux nouveaux élément font de ce Coffre Maudit un volet plus sombre et plus dramatique que les précédents.

Mais c’est vraiment avec ce second volet que Hollywood va cultiver ce que l’on appelle la sur-enchère, que l’on va voir aujourd’hui dans des licences comme Transfomers et Fast and Furious. Les squelettes du premier film vont laisser place à des créatures marines en performances capture qui, comme pour le premier film, n’a toujours pas vieilli. Davy Jones est splendidement interprêté par Bill Nighy, c’est ainsi que l’on reconnaît une performance capture réussie dans un film. Quand on arrive à voir l’acteur qui se trouve derrière. Davy Jones garde des gimmicks et des tics de son interprête caché derrière les capteurs. La puissance du Kraken montrée par des caméras en contre-plongée et la scènes de duel à trois dans le moulin à eau montent une nouvelle fois la maîtrise impposante de Gore Verbinski.

Ce deuxième volet possède néanmoins quelques défauts. C’est une première partie, c’est totalement assumé, néanmoins, certains éléments de scénario auraient mérités à être approfondi, notamment au sujet de Weatherby Swan et de son rôle avec la Compagnie des Indes, le personnage de Tia Dalma aurait également gagné à être plus approfondi. Certains défauts de ce deuxième volet se verront également avec le troisième volet, Jusqu’au bout du monde, sorti un an plus tard.

Léo Tyran.