[Critique] – « Ma Loute » de Bruno Dumont : Lutte des classes

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Comme tous les films de Bruno Dumont, Ma Loute est un film singulier, inclassable, qui repousse ou séduit. Une fois de plus, le réalisateur nordiste inscrit son action dans le nord de la France et nous propose une confrontation des classes sociales. D’un côté, un milieu bourgeois, incarné par des acteurs réputés comme Luchini, Binoche ou Bruni-Tedeschi. De l’autre, un milieu populaire, travailleurs sur la côte, spécialisés dans la récolte des moules, porté par des acteurs amateurs, pour qui le film de Dumont est le moyen d’être sur l’avant de la scène. Au milieu, un inspecteur de police et tous ses collègues qui se démènent pour résoudre de mystérieux enlèvements qui ont lieu, que l’on rapprocherait sans conteste du milieu populaire.

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[Critique] – Angry Birds : Le Film

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Avec Angry Birds, une nouvelle ère d’adaptation cinématographique voit le jour. Après le théâtre, les romans ou encore les bandes dessinées, c’est au tour des jeux vidéos pour smartphones et tablettes de passer sur grand écran et c’est Angry Birds qui ouvre le bal. Le jeu où il faut lancer des oiseaux de toutes sortes sur des cochons a désormais droit à sa fiction d’animation. Une réelle bonne idée ? Certainement pas.

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[Critique] – « Babysitting 2 » : Il vaut mieux laisser Bébé dans un coin

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Après un réel succès au cinéma en 2014 (plus de 2 millions d’entrées), Nicolas Benamou et Philippe Lacheau reviennent au cinéma en 2015, pour la suite des aventures, ainsi que des ennuis, de la bande d’amis, bien connue de la jeunesse française. Bien qu’il n’est en rien une garde d’enfant, contrairement au premier opus, Babysitting 2 parvient à se maintenir dans la lignée du premier, même s’il s’avère bien moins convaincant.

Le premier Babysitting parvenait à surprendre et réussissait à convaincre par de nouveaux parti-pris techniques rarement utilisés pour la comédie en France (le found-footage), par la découverte d’une nouvelle génération d’acteurs : Philippe Lacheau, Alice David ou encore Tarek Boudali, ainsi que par un humour tantôt réfléchi, tantôt complètement potache, voir complètement « con ». Avec Babysitting 2, blagues potaches et délires en tout genre sont une nouvelle fois de la partie, toutefois, un léger essoufflement se faire sentir.
Malgré de nouveaux personnages, comme celui de la grand-mère de Sonia (Alice David) ou la tribu d’indiens, ainsi que de nouveaux guests (Christian Clavier, dans la lignée de Gérard Jugnot, Jean-Luc Couchard ou Valérie Karsenti), Babysitting se repose sur des acquis, comme s’il suffisait de reprendre les bases du premier, et de simplement y accoler un nouveau scénario. Et encore, on qualifiera le scénario de « délire entre potes », plutôt que d’y voir une intrigue aboutie.
Les personnages sont en tous points similaires au premier opus, chacun ayant un état d’esprit, une vision de la vie qui leur est propre. Alors qu’un se la jouera dragueur, qu’un autre sera gaffeur, d’autres seront submergés par leur amour pour un(e) futur(e) conjoint(e). Mais s’ils sont tous un minimum travaillés, un personnage est des plus désagréables : Estelle, interprétée par Charlotte Gabris, dotée d’une vulgarité surjouée et accent « de cité » bien trop appuyé pour être vrai. Babysitting concentre les clichés des personnages dignes des comédies françaises, comme s’il était nécessaire d’établir un inventaire de la population française à la manière de Qu’est ce qu’on a fait au bon Dieu ?. Ensuite, le schéma est en tout point un copier-coller du premier : une caméra appartenant à un membre de la bande retrouvée, suivie d’un visionnage qui dévoile un périple fou, parsemé de règlements de compte et de révélations sur les personnages, ces dernières étant souvent sexuelles, afin de faire rire au maximum un auditoire déjà malmené par un manque de réflexion.
Pour autant, impossible de nier le fait que l’on ne s’ennuie pas, Babysitting va à 1000 à l’heure et se transforme en un réel road-movie complètement barré à travers la forêt amazonienne. Le parcours de la bande est parsemé d’embuches, certes, mais impossible de ne pas sourire au moins une fois devant leurs mésaventures (scène du parachute), et grâce à de nombreux running gags, plutôt efficaces comme celui du paresseux, ou encore les discours de la grand-mère,

Mais outre la comédie, Babysitting 2 tend à faire passer des messages par l’intermédiaire de l’aventure amazonienne de la bande. En effet, cette dernière fera la rencontre des habitants de la forêt, ces hommes et femmes vivant au cœur du poumon de la planète. Alors, certes, la bande de Franck enchaînera connerie sur connerie (incendie) ou moments loufoques (fête du village qui dérive en grosse prise de drogues), mais parallèlement, les réalisateurs donnent à voir l’impact de l’homme sur la planète, en faisant débarquer les amis dans une déchetterie au cœur de la forêt. L’Amazonie n’est malheureusement pas qu’une jungle tropicale, c’est également une décharge à ciel ouvert dans laquelle chacun vient déverser ses détritus, qu’il soit particulier ou professionnel, en échappant au regard de tous. Christian Clavier, qui souhaite obtenir le label WWF pour son hôtel, est alors dans la tourmente, cause à des vêtements retrouvés brodés au nom de l’hôtel. En allant plus loin que la comédie, on en vient à se demander : est-il réellement possible d’établir des projets 100% écologiques, sans aucun impact sur la planète ? Alors oui, Nicolas Benamou et Philippe Lacheau tentent d’approfondir une réflexion, une remise en question, qui n’était pas de la partie dans le premier Babysitting. Mais malheureusement, les interrogations ne sont pas assez développées et bien trop superflues pour être réellement intéressantes. S’en dégage une impression d’avoir intégré des images pareilles au scénario pour faire bonne impression.

Babysitting 2 est donc dans la parfaite lignée du premier Babysitting, mais le concept commence à tourner en rond, malgré des acteurs qui se lâchent et un humour qui parvient partiellement à se renouveler. En cas de Babysitting 3, il sera impératif de faire preuve d’innovation sous peine de tomber dans un long-métrage au scénario obsolète.

 

Zoran Paquot

[Critique] – « L’étudiante et Monsieur Henri » d’Ivan Calbérac

Parallèlement à la sortie de son nouveau livre « Venise n’est pas en Italie », Ivan Calbérac revient au cinéma pour son 4ème long-métrage, et sa 4ème comédie, L’étudiante et Monsieur Henri. Avant toute chose, il faut savoir que le film est une adaptation de la pièce de théâtre du même nom, écrite par le réalisateur, ayant déjà été jouée dans des salles parisiennes.

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[Critique] – « Un début prometteur » : Vertiges d’amour

Qu’il est difficile, en France, de se mettre à la comédie de nos jours, tant elles sont sans réelle audace et sans réels partis pris. Aujourd’hui, rares sont celles qui sortent du lot par leurs qualités plutôt que par le nombre d’entrées qu’elles font au cinéma. On pourrait regretter les comédies d’autan, où on misait plus sur le scénario que sur le casting, certaines arrivant à mêler les deux à la fois. Mais il ne faut pas être mauvaise langue car des comédies arrivent tout de même à réussir leur pari, même si le parcours est périlleux.

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