[Pour ou Contre] – « Alibi.com » : Le nouveau succès public de la team « Babysitting »

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Possible grand succès au sein de la comédie téléfilmique traditionnelle du cinéma français, le nouveau film de la team Babysitting réussit encore à rassembler un fidèle public au rendez-vous pour une comédie outrancière. Les Brouillons l’ont vu et sont divisés quant au résultat. Léo Tyran et Victor Van De Kadsye s’expriment vis-à-vis de ce film.

[Pour] – Léo Tyran

« Et à la fin elle le pardonne et décide de lui donner une seconde chance » pour un film où le héros est un menteur qui tombe amoureux de quelqu’un qui ne supporte pas les menteurs. Ce n’est pas forcement la fin que l’on donnerait. Mais il ne faut pas oublier que ce film est un film français, une comédie française en plus. Un genre qui ne parvient plus à ce renouveler depuis fort longtemps. Néanmoins Philippe Lacheau, avait su nous faire rire avec le très correct Babysitting, mélange de comédie et de Found-Footage qu’il avait déjà co-écrit et co-réalisé avec Nicolas Benamou. Pour Alibi.com, Lacheau opère en solo pour cette comédie, qui ne sauvera clairement pas le genre.

Greg a fondé une entreprise nommée Alibi.com qui crée tout type d’alibi. Avec Augustin son associé, et Medhi son nouvel employé, ils élaborent des stratagèmes et mises en scène imparables pour couvrir leurs clients. Mais la rencontre de Flo, une jolie blonde qui déteste les hommes qui mentent, va compliquer la vie de Greg, qui commence par lui cacher la vraie nature de son activité. Lors de la présentation aux parents, Greg comprend que Gérard, le père de Flo, est aussi un de leurs clients…

Contrairement à Jean-Marie Poiré ou Dany Boon, force est de constater que Philippe Lacheau est un cinéaste qui veut faire un bon film avant de faire rire le spectateur qui dépense son argent. Le film est avant tout bien structuré, les personnages sont attachants et bien approfondi, pile ce qu’il faut pour ce genre de film, ça reste un minimum cohérent. Son amour pour le cinéma est également présent à travers multiples clin d’oeil, de Star Wars à Fast and Furious en passant par Assassin’s Creed, et ce n’est pas trop tape-à-l’oeil, juste pour dire « vous avez vu ?! ». A la manière de Babysitting, Alibi.com joue sur un comique de situation très réactif, une galère est directement suivi par une autre. Lacheau joue sur l’instant présent et ne perd pas les spectateurs dans le temps.Alibi.com peut également se définir comme comédie 2.0, Lacheau a compris l’énorme potentiel des nouvelles technologies et des réseaux sociaux, comme support de scénario, la fin du film peut d’ailleurs être une référence à l’affaire Snowden.

Bien évidemment, c’est une comédie, et on à l’impression que c’est devenu une obligation pour en permettre le tournage : l’humour sur le sexe qui passe et repasse, encore et encore, ou encore les multiples caméos de personnalités telles que Norman, Joey Star, Kad Merad ou encore François Hollande (vrai ou non, telle est la question), on peut aussi noter une vanne sur les migrants, et ce film devient malgré de bonnes idées, une comédie de plus pleines de lourdeurs typiques de France.

Comédie Française et bon goût, ce n’est plus une grande histoire d’amour comme à l’époque de De Funès. Appartenant à ce qu’on peut appeler « les humoristes de demain », l’équipe de Alibi.com a le potentiel pour nous offrir de bonnes comédies. Attention seulement à toutes les facilités qui sont devenues aussi lourdes que redondantes.


[Contre] – Victor Van De Kadsye

Tout partait d’une idée qui pouvait être amusante : Tel L’Arroseur arrosé, le créateur d’une agence d’alibi (Phillipe Lacheau) se retrouve piégé à son tour lorsqu’il doit cacher cette vérité à sa bien-aimée, ainsi que l’infidélité de son futur beau-père (Didier Bourdon) client de cette agence. Un pitch pareil qui aurait pu se glisser dans les mains saugrenues d’un Charlie Brooker pour un épisode cocasse de « Black Mirror » sauf que non, ici, nous sommes dans une énième comédie française sous le prisme d’un genre « populaire » pour mieux excuser son incapacité à faire avancer le scénario.

Le principal problème des deux premiers « Babysitting« , hyperbolée dans ce film, était que son scénario pouvait se lire en deux lignes et que tout n’était prétexte à instaurer des gags au ras-des-pâquerettes. Ici, ce film se montre comme la parfaite synthèse de ce problème symptomatique. D’une durée minimale (1h32), tout le film se lit à peine en une minute tant tout est prévisible, que ce soit dans son scénario ou le déroulement des gags. On rit devant deux ou trois blagues mais on se trouve vite consterné devant un humour indigeste et honteux, se moquant essentiellement des minorités. Comme si c’était une tradition en France de se moquer de la communauté LGBT, des gens du voyage ou bien, dernière trouvaille en phase à l’actualité, des réfugiés syriens voulant intégrer la France.

Ce ne sont pas les talents de Nathalie Baye et Didier Bourdon, ni les 12 000 références ringardes à la pop-culture (La Palme du Facepalm revenant à une allusion balourde à Assasin’s Creed) qui offriront un alibi à ce désastre de la comédie française. Le public mérite mieux que ça, la comédie française aussi.

Victor Van De Kadsye

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